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Le GNV en chiffres

13/12/18 10 chiffres clés encourageants pour comprendre le développement de la filière…

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TRANSPORTEUR AU GNC

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AFGNV

[INTERVIEW] « 2018 est une année très prometteuse pour le GNV ! »

Gilles Durand est secrétaire général de l’Association française du gaz naturel pour véhicule (AFGNV). Il évoque le contexte favorable à cette énergie et donne quelques conseils aux transporteurs, qu’ils soient sceptiques ou convaincus…

 

 

L’actualité GNV a été très dense ces derniers mois. Fin 2017, l’AFGNV a publié son livre blanc « Le Gaz Naturel pour la filière des véhicules industriels », pour souligner l’importance du développement croissant du GNV / bioGNV…

 

Ce livre blanc a été réalisé avec la Plateforme de la filière automobile (PFA) et la Fédération française de la carrosserie (FFC). Il s’agit d’un travail d’un an et demi, auquel Total a d’ailleurs participé activement, sur le véhicule gaz à horizon 2020. Il a été présenté à la ministre des transports Élisabeth Borne, au salon Solutrans.
Solutrans a été l’occasion de constater que nous n’avions jamais vu autant de constructeurs sur le segment gaz ! Iveco, Scania et Volvo ont tous présenté un nouveau tracteur routier roulant au GNV…
Un autre point majeur est à retenir pour 2017 : le développement sans précédent des stations gaz : environ 35 ouvertures. Le mouvement va s’accroitre en 2018, avec une soixantaine de stations déjà prévues.

 

Quelles sont les raisons d’un tel essor ?

 

tco gnv

Deux mesures de la loi de finances 2018 expliquent en partie cet essor : le gel de la taxe carburant pour le GNV sur 5 ans et la reconduction du dispositif fiscal permettant aux transporteurs souhaitant s’équiper de bénéficier d’un suramortissement. Les entreprises amortissent ainsi leur investissement à une valeur de 140 % (au lieu de 100 %). Cela leur permet de réduire les charges et de gommer une partie du surcoût lié à l’équipement. Environ 1 000 camions auraient bénéficié de ce dispositif en 2017. Et ce n’est pas terminé, car ces mesures sont reconduites en 2018 et 2019.
Par ailleurs, sur 2017, nous avons constaté que, dans certains cas, le gaz était plus rentable que le diesel en matière de coût total de possession des véhicules (le TCO). C’est la condition requise pour que les transporteurs adoptent le gaz.

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2018 s’inscrit donc dans la continuité…

 

Oui. Les mesures fiscales sont favorables au GNV. Et l’écart de compétitivité entre le gazole et le GNV est maintenu pour une durée de cinq ans.
2018 est aussi une année importante d’un point de vue mobilisation des acteurs et des pouvoirs publics. En début d’année, des interlocuteurs représentatifs, dont Total, se sont réunis pour une table ronde. La ministre des transports y a participé et a montré qu’elle entendait prendre en compte le gaz dans sa politique.

 

 

Quels sont les premiers acteurs à avoir opté pour le GNV ? Pour quelles raisons ?

 

Le mouvement est avant tout initié par les chargeurs, qui passent les commandes de prestations de transport. Il s’agit pour la plupart d’acteurs de la grande distribution. En effet, les grandes enseignes ont décidé de passer au gaz ou au biogaz pour réduire leur empreinte carbone. Elles demandent donc à leurs transporteurs de passer au gaz, à condition que celui-ci ne soit pas plus cher que le diesel. Certains transporteurs décident de passer au gaz pour se différencier et trouver de nouveaux marchés. Les organisations professionnelles comme la FNTR et l’OTRE s’impliquent également dans la promotion du GNV.

Un autre argument majeur explique le développement du gaz : l’interdiction des centres-villes aux véhicules diesel. Si les transporteurs souhaitent continuer à livrer au cœur des villes, ils ont tout intérêt à passer au gaz rapidement !

 

 

Le GNV a-t-il vocation à remplacer les autres énergies à terme ?

 

Selon l’une de nos études, environ 30 % du parc de camions roulera au gaz en 2030. Nous ne sommes pas devins, mais nous pensons qu’aucune énergie ne se substituera à une autre. Nous ne devrions pas passer du « tout pétrole » au « tout électrique » ou « tout gaz ». Chaque énergie trouvera sa place en fonction des usages.
L’un des enjeux de notre filière est de rendre la solution gaz de plus en plus économique. Aujourd’hui, le modèle économique du gaz est un véhicule qui coûte plus cher et un carburant qui coûte moins cher. Il faut donc rouler pour que ce soit rentable. Tout l’enjeu va être de faire baisser le seuil de rentabilité du gaz, pour arriver à des kilométrages de plus en plus faibles. Pour cela nous avons deux axes : le prix des véhicules, qui devrait baisser à mesure que la production augmente. Le 2e gain concerne le coût du carburant. Aujourd’hui, ce coût prend en compte une grande partie du coût de la station. Plus les véhicules viendront en station, plus le prix du carburant baissera…

 

 

Vous suivez de près l’implantation des stations. Que pensez-vous des choix faits par Total sur le développement du GNV ?

 

Contrairement au « gaziers », qui ne vendaient pas de carburant auparavant et qui ont une démarche de conquête du marché, Total a pris une autre option : installer des pompes gaz dans des stations existantes. Le groupe est déjà leader sur le marché des carburants « classiques ». L’arrivée des pompes gaz présente un avantage : étant donné que Total connaît bien ses clients, il est un acteur déterminant pour inciter les transporteurs à adopter le GNV. Il existe aussi une notion de confiance : en décidant de se tourner vers le GNV, Total confirme que ce carburant est pertinent, ce qui inspire confiance aux transporteurs.

 

>>> À découvrir : la carte des stations et futures stations GNV TOTAL / AS 24]

 

 

Que diriez-vous aux transporteurs qui se posent encore des questions sur le GNV ?

 

Les enjeux actuels concernant la qualité de l’air et les émissions de CO2 ne vont pas disparaître ! Au contraire, ils sont plus que jamais d’actualité. Tout transporteur qui veut avoir une vision d’avenir sur son activité professionnelle doit se renseigner sur le gaz ! Le modèle est neuf. Il faut donc se méfier des idées toutes faites, des calculs de coins de table… J’invite les transporteurs à prendre contact avec les constructeurs de véhicules et les opérateurs de stations. Ils pourront se faire une idée des offres et des prix.
 

 

Toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, sont-elles concernées ?

 

Au sein de l’association, certains petits transporteurs gagnent de l’argent en ayant opté pour le GNV. Je pense notamment à l’entreprise de travaux publics Noblet, qui économise de l’argent par rapport au diesel grâce à ses camions roulant au gaz.
Il ne faut surtout pas avoir d’idées préconçues sur le gaz ! Il faut se renseigner, d’une part pour continuer à travailler sur le long terme, d’autre part pour gagner de l’argent… 

 

 

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